#22 Sandrine Bernard COSTUME DESIGNER

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If you’re bilingual French and English and want to translate this written interview into English, you can send me your translation at leblogdevinaya@gmail.com. And you’ll be credited of course!

TV and cinema costume designer, Sandrine Bernard talks about her journey, her experiences, also about impressive meetings she had with actors, etc…

VINAYA: Quel est votre parcours?

SANDRINE BERNARD: J’ai un parcours un peu particulier par rapport aux nouvelles générations qui font très vite des écoles de costumiers. Au départ, j’ai fait un bac artistique. En fait, je voulais être architecte mais j’aimais bien le cinéma et je faisais un peu de couture. Donc, je me suis inscrite en fac d’architecture et aussi dans une école de cinéma. Finalement, je suis allée en école de cinéma, j’ai pris la section Production mais je me suis très vite aperçue que ce n’était pas trop mon truc. J’ai quand même passé le BTS. J’ai commencé à travailler dans la production et ça m’a confirmé que ce n’était vraiment pas ce que j’aimais. Alors, je me suis demandée ce que je pouvais faire comme métier dans le milieu du cinéma et comme j’avais fait des études dans l’architecture, je me suis dirigée vers la décoration. J’ai fait un ou deux stages en déco dans le milieu de la publicité. Ensuite, j’ai été habilleuse. Le premier long-métrage sur lequel j’ai été en tant qu’habilleuse s’appelait «La confusion des genres» d’Ilan Duran Cohen. Et au fur et à mesure des rencontres, j’ai été créatrice de costumes. J’ai monté tous les échelons en une vingtaine d’années. J’ai davantage appris mon métier sur le tas qu’en faisant une école. C’est super parce que je pense qu’on apprend plus vite.

Dessinez-vous vos créations?

Moi, ça va être plus les idées, recherches avant les maquettes, les maquettes, recherches de tissus et le suivi de la fabrication de ce qu’on appelle les «premières toiles», les essais avec les comédiens et tout le processus entre la recherche, le premier dessin et le costume fini. Ça, c’est le métier de créateur de costumes.

Y a-t-il une différence entre les appellations de «chef costumier» et de «créateur de costumes»?

A partir du moment où vous créez un univers même si c’est en contemporain, où vous allez faire les boutiques et faire voir les costumes, tout le monde devrait être «créateur de costumes» car il y a une création. Malheureusement, les production ne mettent pas les appellations dans la plupart des films. Justement, les costumiers, on se bat pour que le métier soit reconnu à sa juste valeur.
Ensuite, «chef costumier», on va dire que c’est la même chose en contemporain, il y a moins de maquettes en général, c’est plus des moodboards(1) qu’on fait, puis on part dans des boutiques, friperies ou chez des loueurs pour trouver ce qui correspond à ce qu’on a proposé au réalisateur et aux comédiens.

Donc, vous préférez être appelée «créatrice de costumes» plutôt que «cheffe costumière»?

Je n’ai pas d’ego là-dessus. «Cheffe costumière», «costumière», «créatrice de costumes», tout me va. Mais en ce moment, au niveau de ce poste, il y a vraiment un truc qui se met en place avec l’AFCCA (Association Française des Costumiers du Cinéma et de l’Audiovisuel). Donc, c’est important qu’on utilise les bons termes. A partir du moment où vous choisissez des costumes, que ce soit pour des films contemporains, d’époque, de science fiction… le vrai terme c’est «créateur de costumes».

A vos début, pour faire votre clientèle, avez-vous passé beaucoup de temps à démarcher les réalisateurs?

Quand j’ai démarré, j’étais donc habilleuse. Alors, j’avais plus démarché des créatrices de costumes. J’ai démarché dans un premiers temps des chefs de postes. Puis, au bout d’un moment très vite, on sent qu’on a peut-être fait le tour de ce métier ou qu’on a envie qu’il évolue. Donc, de l’habillage, j’ai eu envie du costume, créer des silhouettes par rapport à un personnage. Donc, j’ai plus démarché des chefs de postes jusqu’à devenir créatrice de costumes. Maintenant, je démarche plus des producteurs, directeurs de production ou des réalisateurs. Et comme ça fait plus de vingt ans que je travaille, j’ai cette «chance» où je démarche un peu moins et où on m’appelle un peu plus.

Etes-vous spécialisée dans la création d’un genre de costume en particulier?

Pas du tout. J’aime aussi bien le contemporain que la fabrication comme j’ai pu faire sur «Cornélius, le meunier hurlant». Je n’ai pas de domaine de prédilection, je touche à tout parce que j’adore ça.

Quels ont été vos projets les plus récents?

Alors, j’avais déjà travaillé sur le premier opus «Les nouvelles aventures d’Aladin» où j’assistais la créatrice de costumes. Et pour Alad’2 (réalisé par une autre personne), elle n’était pas disponible. Donc, j’ai rencontré le nouveau réalisateur et il m’a dit «Comme t’as bossé sur le 1 et que tu fais déjà des choses toute seule en tant que créatrice, ça te dirait qu’on bosse ensemble?». C’était une chouette aventure parce que ce sont des costumes où il y a tout à fabriquer. C’est un univers des Mille et Une Nuits.
Ensuite, pour L’Art du Crime, je suis arrivée sur la saison 2. C’est du contemporain. Pour les personnages, lui c’est un flic qui vient de la BAC et elle, elle est historienne de l’art un peu perchée. Donc, il fallait entrer dans ces deux univers.
Puis, cet été, j’ai bossé sur une série qui sortira cette année pour Arte: «Une île», sur un autre univers, avec marins, des sirènes… avec Laeticia Casta, Sergi Lopez et Noée Abita.
Et puis, il y a d’autres choses qui se mettent en place pour l’année.

Un bon souvenir?

Chaque tournage a son lot d’anecdotes, de surprises, de rencontres. C’est difficile d’en trouver un en particulier mais c’est vrai que ce sont des métiers qui sont riches dans le sens où on rencontre beaucoup de monde, où on va dans des lieux souvent magiques comme dans des châteaux en pleine nuit… J’ai eu la chance de travailler avec des réalisateurs comme Chabrol ou Leconte. Un temps, je me suis occupée d’Isabelle Ajani. Sur Alad’2, on a eu une séquence à faire avec Gérard Depardieu. Ce sont des rencontres fortes. J’ai beaucoup de chance de faire un métier qui me passionne.

Quelle est importance du costume pour vous?

Je pense que le costume c’est 50 ou 60 % du jeu du comédien. Quand on a trouvé le bon costume, ça va énormément aider le comédien à jouer. Des fois, il suffit juste de trouver un détail comme une paire de chaussures ou un accessoire qui va l’aider à se mettre dans la peau de son personnage. Au niveau des essayages, on le sent très vite si ça fonctionne ou pas, on le voit dans le jeu du comédien. Il va le ressentir. Le costume est indispensable pour le personnage.

Quelque chose à ajouter?

Je pense que le métier de costumier se complète avec le maquillage et la coiffure. Ce sont des métiers très importants dont on ne parle pas assez souvent non plus. Il peut suffire d’une teinture, d’une barbe ou d’une moustache pour compléter un personnage.Je travaille aussi énormément avec les chefs déco et les chefs op [chefs opérateurs] parce que si par exemple je mets une veste marron et que le mur va être marron, le personnage ne va pas se détacher. C’est très important de travailler en équipe et c’est vrai qu’en France, il manque un poste qu’on trouve souvent aux Etats-Unis ou en Angleterre. C’est le poste de directeur artistique. Donc, moi je compense toujours en travaillant main dans la main avec les chefs opérateurs et les chefs déco. Et la lumière aussi, si les costumes sont mal éclairés, on ne verra pas le travail qui a été fait.
Le cinéma ou tout ce qui est audiovisuel, c’est vraiment un travail d’équipe. Tout seul, on n’est rien.
Par exemple, quand j’ai fait Alad’2, il y a une partie de la préparation qu’on a fait en France essentiellement pour les rôles principaux et tout ce qui était figuration et rôles secondaires, on a continué de créer pendant le tournage au Maroc et là, j’ai aussi travaillé avec une équipe marocaine. C’était super parce que j’ai pu bosser avec des gens que je n’aurais pas pu avoir en France comme les brodeurs qui m’ont brodé tous les costumes à la main. Et ce savoir-faire, on ne l’aurait pas eu en France. Si j’avais pu prendre quelqu’un qui brodait en France, ça m’aurait coûté extrêmement cher. Donc, c’est chouette de rencontrer des équipes étrangères et de travailler ensemble.

Merci à Sandrine Bernard de m’avoir accordé cette interview !

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(1): Pour ceux qui veulent savoir ce qu’est un moodboard, je vous conseille cet article de Tom Weil que je trouve très bien fait > https://www.commentfaireunfilm.com/le-moodboard/

Retrouvez Sandrine Bernard ici: IMDb: https://www.imdb.com/name/nm1095279/?ref_=nv_sr_1

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